Les gratte-ciel et la redéfinition du skyline de Londres: un cas de territorialisation par un contrôle du paysage

 

Manuel Appert et Christian Montès
Les gratte-ciel et la redéfinition du skyline de Londres: un cas de territorialisation par un contrôle du paysage
Édition Articulo, Journal of Urban Research [Online]
DOI : 10.4000/articulo.2784

Dans une course vers le ciel marquée par la prolifération des gratte-ciel dans les villes des pays émergents, les métropoles européennes historiques sont confrontées à d'intenses débats sur la pertinence du retour des tours. Leurs skylines changent, révélant un nouvel ordre géopolitique local dans lequel les promoteurs ont obtenu le soutien des collectivités locales. Avec plus de 200 tours prévues, Londres illustre cette nouvelle gouvernance de la grande hauteur qui parvient à surmonter des règlementations souvent strictes. Le nouveau skyline de Londres témoigne alors d’une convergence d'intérêts privés et publics, incarnés par des marqueurs territoriaux instrumentalisés par ce que Sklair dénomme la classe capitaliste transnationale. Les acteurs de l'immobilier aidés des collectivités locales, ont pris le contrôle du skyline, en le redessinant plutôt qu’en l'effaçant. Un nouveau paysage «glocal» émerge, dans lequel les vues pittoresques protégées sur les monuments historiques servent de décor aux nouveaux gratte-ciel. Cela permet tant l'adoption d'un langage architectural standardisé commun aux acteurs mondialisés de l'immobilier qu'une distinction fournie par leur mise en scène dans le paysage de Londres. Notre hypothèse est testée à travers l'étude de la construction controversée des tours Shard et Pinnacle, deux gratte-ciel qui redessinent le skyline de Londres.

Manuel Appert Maître de conférences en géographie. Directeur de l'Institut de Recherches Géographiques (IRG/ UMR 5600 EVS)

Christian Montès Professeur des universités en géographie. Membre de l'Institut de Recherches Géographiques (IRG/ UMR 5600 EVS)

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